La ministre de l’Éducation nationale, Dr Élisabeth Shérif, a lancé l’initiative « Une semaine, une école » pour l’année scolaire 2026-2027 à l’école primaire Léopold Kaziendé de Fillingué, dans la région de Tillabéri. Cette démarche vise à renforcer le suivi des établissements scolaires, à identifier leurs difficultés et à améliorer la qualité de l’enseignement au Niger.
Une rentrée placée sous le signe du suivi de proximité
Le suivi des établissements scolaires constitue l’un des enjeux majeurs de l’amélioration du système éducatif nigérien. C’est dans cette perspective que la ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues, Dr Élisabeth Shérif, a procédé au lancement de l’initiative « Une semaine, une école », au titre de l’année scolaire 2026-2027.
La cérémonie s’est déroulée à l’école primaire Léopold Kaziendé de Fillingué, dans la région de Tillabéri, en présence du gouverneur de la région, le colonel Maina Boukar, ainsi que des autorités administratives et des représentants de la communauté éducative.
La montée des couleurs nationales, accompagnée de l’exécution de l’hymne national « L’Honneur de la Patrie » et de celui de la Confédération des États du Sahel (AES), a marqué cette cérémonie officielle.
À travers cette initiative, les autorités éducatives entendent privilégier une approche de terrain, fondée sur l’observation directe des conditions de travail des enseignants et d’apprentissage des élèves.
L’école Léopold Kaziendé, un établissement chargé d’histoire
Le choix de l’école Léopold Kaziendé pour accueillir le lancement de cette initiative met en lumière l’importance historique de cet établissement dans le paysage éducatif nigérien.
Créée le 1er avril 1902, selon les informations présentées lors de la cérémonie, cette école est considérée comme la première école du Niger. Plusieurs responsables se sont succédé à sa direction au fil des décennies, notamment Diori Hamani et Léopold Kaziendé, dont elle porte aujourd’hui le nom.
L’établissement a participé à la formation de nombreuses personnalités ayant marqué l’histoire politique et administrative du pays. Parmi elles figure l’ancien président de la République Seyni Kountché, ainsi que d’autres personnalités ayant exercé des responsabilités ministérielles.
Au-delà de son patrimoine historique, l’école reste confrontée aux défis actuels du système éducatif, notamment la disponibilité des salles de classe et l’adaptation des infrastructures aux besoins des élèves.

767 élèves et un besoin de nouvelles salles de classe
Les chiffres communiqués par le responsable de l’établissement donnent un aperçu des besoins auxquels l’école doit faire face.
L’école primaire Léopold Kaziendé compte actuellement 767 élèves, dont 475 filles, encadrés par 19 enseignants. Les élèves sont répartis dans 18 salles de classe, selon les données présentées au cours de la cérémonie.
Le responsable de l’établissement a toutefois attiré l’attention sur l’insuffisance des infrastructures. L’école dispose notamment de 17 classes construites en matériaux définitifs, dont certaines présentent des dimensions inférieures aux normes en vigueur.
Cette situation pose la question de l’adaptation des espaces scolaires à l’effectif accueilli. Des salles de classe suffisamment spacieuses et adaptées sont essentielles pour faciliter le travail des enseignants, améliorer le confort des élèves et créer des conditions favorables aux apprentissages.
Le responsable de l’école a également évoqué les résultats encourageants enregistrés depuis le rétablissement du Certificat de fin d’études du premier degré (CFEPD). Il a néanmoins insisté sur la nécessité de construire de nouvelles salles de classe pour répondre aux besoins de l’établissement.

Une visite de terrain pour identifier les difficultés
Après la cérémonie officielle, la ministre et sa délégation ont visité plusieurs salles de classe afin d’observer directement l’état des infrastructures et les conditions dans lesquelles les élèves suivent leurs cours.
Cette visite s’inscrit dans la logique de l’initiative « Une semaine, une école » : rapprocher les responsables du ministère des réalités quotidiennes des établissements, recueillir les préoccupations des acteurs éducatifs et identifier les besoins prioritaires.
L’objectif est de dépasser les constats généraux pour mieux comprendre les difficultés propres à chaque école et envisager des réponses adaptées. Les infrastructures, les effectifs, les moyens pédagogiques et les conditions d’encadrement figurent parmi les questions qui peuvent être examinées dans le cadre d’un tel suivi.
Pour les établissements confrontés à une pression croissante sur leurs capacités d’accueil, l’enjeu consiste notamment à concilier l’accès à l’éducation avec des conditions d’apprentissage satisfaisantes.
L’association Dokin Iska Dan Fillingué plaide pour la reconstruction de l’école
La cérémonie a également été marquée par l’intervention de l’association Dokin Iska Dan Fillingué. L’organisation a présenté à la ministre et au gouverneur les lauréats issus de plusieurs disciplines, mettant ainsi en avant les réussites et les talents locaux.
Elle a, par ailleurs, remis à la ministre de l’Éducation nationale un rapport consacré à la reconstruction de l’école Léopold Kaziendé.
Cette démarche souligne les attentes de la communauté locale concernant la préservation de cet établissement historique et l’amélioration de ses infrastructures. La remise du rapport constitue une interpellation des autorités sur l’avenir de l’école, même si les informations communiquées ne précisent pas encore les suites qui seront données à cette proposition.
La reconstruction éventuelle de l’établissement représente un enjeu à la fois éducatif et patrimonial : il s’agit de préserver un lieu emblématique de l’histoire scolaire du Niger tout en répondant aux exigences actuelles de l’enseignement.

Une tournée dans plusieurs établissements de Fillingué
La visite ministérielle ne s’est pas limitée à l’école Léopold Kaziendé. Dans la poursuite de sa tournée, Dr Élisabeth Shérif s’est rendue à la médersa Centre, au CES Mayaki Namailaya et au CES Bakary.
Ces étapes ont permis à la délégation de s’informer sur la situation de ces établissements et sur leurs conditions de fonctionnement. Elles illustrent la volonté affichée par les autorités éducatives de maintenir un dialogue direct avec les responsables scolaires et les acteurs présents sur le terrain.
En marge de cette tournée, la ministre a également effectué une visite de courtoisie auprès du chef de canton de Kourfey, l’honorable Salifou Boubacar Marafa.

Quels enjeux pour l’école nigérienne ?
Le lancement de l’initiative « Une semaine, une école » intervient dans un contexte où l’amélioration de la qualité de l’éducation passe notamment par le renforcement des infrastructures, l’encadrement pédagogique et une meilleure prise en compte des besoins des établissements.
Pour produire des effets durables, cette démarche devra s’appuyer sur un suivi régulier, une hiérarchisation des difficultés recensées et des mesures concrètes en réponse aux besoins identifiés.
À Fillingué, les préoccupations exprimées autour de l’école Léopold Kaziendé illustrent cette réalité : l’importance historique d’un établissement ne suffit pas à garantir des conditions d’apprentissage adaptées. Les effectifs, les dimensions des salles et les besoins de reconstruction ou d’extension exigent une attention particulière.
Inscrite dans la dynamique de la Refondation, l’initiative portée par le ministère de l’Éducation nationale vise à contribuer à la construction d’une école nigérienne plus performante, inclusive et accessible.
Le lancement de cette opération ouvre ainsi une nouvelle séquence de suivi de proximité. Son impact se mesurera notamment à la capacité des autorités à transformer les constats effectués dans les établissements en améliorations concrètes pour les élèves et les enseignants.







